A propos de l’auteur

BORIS KORNEV

 

Biographie

Kornev Boris Fedorovitch, né à Leningrad le 5 février 1950, est un auteur russe, mais aussi un spécialiste de gestion en périodes de crises et d’instabilité. Il est membre de l’« Union des écrivains de Russie », membre du comité de rédaction de l’almanach « Fleurs du Nord ».

Son père provenait d’une famille des paysans, était officier de l’Armée Rouge et, en tant que commandant d’une unité des parachutistes, participait à tous les conflits armés de l’Union Soviétique entre 1939 et 1945. Quand la région de Leningrad s’est trouvée sous l’occupation allemande, il menait la guerre dans les maquis. Vétéran, invalide de guerre, il a été décoré de plusieurs ordres et médailles. La mère de Boris Kornev était née à Leningrad. Toute sa vie elle a travaillé comme sage-femme dans une maternité du district Kirovsky de Leningrad, a eu la distinction du « vétéran de travail ».

Boris Kornev est diplômé de deux facultés (de chimie et d’économie) de l’Université d’Etat de Leningrad. En 1972, suivant la répartition des jeunes diplômés, il a commencé à travailler à l’Institut des études arctiques et antarctiques à Leningrad ; il a pris part aux expéditions dans les mers de Béring, de Beaufort et Tchoukotski comme chef du laboratoire de chimie hydraulique. Boris Kornev a soutenu une thèse d’Etat dans le domaine de la chimie physique, après quoi il a dirigé des organisations scientifiques, financières et politiques de Leningrad (plus tard Saint-Pétersbourg), et de Moscou. En 1990 il a créé la première société par actions du pays.

Pendant plus de vingt ans Boris Kornev a réalisé des projets de la sortie des crises dans de différentes villes de Russie et en Europe ; il est membre de l’Association internationale de consultants en gestion et, depuis 2004 – Président du Bureau à l’Institut de consultation gestionnaire de Saint-Pétersbourg.             

L’œuvre

Boris Kornev s’intéressa à l’écriture au lycée. Lui-même et ses camarades de classe lisaient la poésie de Villon et d’Apollinaire ainsi que les pièces de Corneille ; ils s’intéressaient aux traités philosophiques de Francis Bacon et Thomas Hobbes, de Sartre et Heidegger. Les sciences humaines étaient son premier grand amour. Il commença à écrire, d’une façon plutôt éclectique. C’étaient des essais littéraires, des articles scientifiques (chimie et physique), articles sur des problèmes de politique dans des brochures de Lenizdat ; ensuite vinrent des articles sur l’économie et psychologie. Vint l’expérience de la vie ; les horizons intellectuels s’élargirent. A force de gérer des crises des banques et des maisons d’éditions ainsi que dans des entreprises russes et étrangères, il apprit une science très spéciale de « la chimie de la vie ». Riche de cette expérience, Boris Kornev commença à écrire des essais de vulgarisation. En 2005 deux brochures de ce genre ont vu le jour dans l’édition « Ostrov » : « De l’émergence à la dégradation (les partis politiques en Russie)» et « Contes pour les hommes d ‘affaires (les notes d’un consultant de confiance en situation de crise)». En 2009 le livre « Attendre tout de suite ! (gestion des relations humaines et des attentes inconstantes) » a attiré l’attention de nombreux entrepreneurs et managers ; cette fois c’était un essai, un regard de l’auteur sur l’aspect psychologique de la crise en affaires. Enfin, en 2010, parut la nouvelle « Daltonien (l’ennemi n’est pas vu par les yeux de chacun)» . Une histoire vraie vécue du père de l’auteur a été mise à la base du livre. La vie de tous les jours dans un village de la région de Leningrad occupé par les Allemands, la psychologie du héros mis dans des situations extrêmes sont décrites d’une façon convaincante.

Voici ce qu’écrit un critique littéraire Youri Metelev : « Dans la nouvelle « Daltonien » l’auteur décrit en détails la vie d’un jeune officier soviétique, qui, dès les premiers jours de la guerre, s’était trouvé par un hasard du destin dans la région frontalière d’une des républiques baltes. C’est par les yeux de cet officier que nous voyons tout ce que ce personnage endure : l’aigreur, la peur et l’humiliation de captivité, mais aussi la joie de quelqu’un qui a réussi de se surpasser dans la lutte contre un ennemi fort et arrogant … Le personnage du héros principal est privé de clichés, on le voit « d’en profondeur », « de l’intérieur ». Ce noble objectif a été atteint grâce à la psychanalyse, à la bonne connaissance d’histoire de la deuxième guerre mondiale et au grand professionnalisme en matière du langage ».

En 2011 paraît le livre « Un réel quatuor » — sur des camarades de classe appartenant à la génération de l’auteur. Voilà un fragment d’un article du critique Alexei Akhmatov : « Cette nouvelle est tissée avec la chaire de réalité, avec les tendons de l’auteur lui-même… Il n’y a pas de détour non validés par la vraie vie, pas non plus de sujets qui soient introduits par un simple désir de produire un effet désirable, d’attirer une attention exagérée. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas du tout d’exagération ou de trouvailles d’auteur – aucun texte littéraire ne peut s’en passer. L’élément des « rencontres du hasard » y est également présent, comme dans n’importe quel roman en général. « Le quatuor » se compose d’un « apparatchik », d’un dissident, d’un « voleur en loi » et d’un officier du KGB. … Je pense, continue Akhmatov, que la caractéristique majeure de cette nouvelle est l’amour de l’auteur pour chacun de ses personnages. Ce qui peut paraître incroyable, puisque leurs convictions sont opposées en tout. Quoi de commun, dira-t-on, entre un apparatchik invétéré et un dissident ? Toutefois l’apparatchik Bogdanov, au détriment de sa carrière, laisse fuir dans l’ambassade américaine son ancien camarade de classe sous une fausse identité, Spivak. Et ce même Spivak, dont les opinions ne sont pas partagés de l’auteur, est décrit, néanmoins, avec beaucoup de sympathie… C’est un art, que de ne se mettre du côté de personne, rester à l’extérieur de sa narration, sans, pour autant, en être un étranger ».

Pour la nouvelle « Un réel quatuor » Boris Kornev a eu en avril 2013 le « Prix Tikhonov » de l’Union des écrivains de Russie (département de Saint-Pétersbourg).

A la fin du 2012 dans les éditions « Illustration historique » a paru un nouveau roman de Boris Kornev « Tandem ». Le sujet de ce livre est encore une fois très cher à l’auteur : la personnalité devant un choix inéluctable. Cette fois Kornev nous raconte une vie dans le contexte d’une période difficile de la fin de perestroïka – le chaos et la dégradation du pays dans les années 1990. « Nous tous, nous avons senti émanant des pages du livre le vent maléfique de ce temps, de cette époque grandiose dans son genre, — écrit A.Bakouline. -Cette grandiosité délétère est, elle aussi, très bien décrite dans le roman. Non seulement l’auteur nous fait sentir cet « air du temps » (que le livre respire sans aucun doute), mais il déplie tout un panorama qui, chez un autre, aurait rempli deux bons « pavés ». L’action vole avec élégance à travers les années et les espaces – on assiste au déclin de l’URSS, à la perestroïka ; on part de la Russie en France, en Hollande, au Brésil… On se retrouve en Abkhazie durant les jours les plus sanglants de la guerre contre la Géorgie, dans les quartiers « joyeux » d’Amsterdam, et même à l’administration du président de Russie… ».

la danse de psycheEn 2015 voit le jour un essai psychologique « La danse de Psyché », une sorte de nouvelle historique portant sur une rencontre à travers des siècles des deux grand poètes français – Charles Baudelaire et François Villon. Ils appartiennent à des époques différentes, leur perception de la vie n’est pas la même. Néanmoins, il existe entre les deux une ressemblance à peine perceptible. Comme l’écrit S.Olkhovetsky dans son article «La rencontre des cœurs aux détours des destins », ces deux poètes obéissent au même rythme de la danse – rythme imposé par Psyché.

« Parfois, écrit Boris Kornev, deux personnes traversant, chacun de son côté, une crise existentielle, vont l’un vers l’autre, pendant des années, sans s’en rendre compte. Ils se rencontrent. Même destin, même caractère, même pression meurtrière des contradictions de la vie – de tout cela naît le fabuleux sentiment de confiance ; l’âme se réveille, se libère de l’esclavage de toute  affection. Le psychisme surmonte – pas à pas, en se déchirant – toute oppression perçue comme unilatérale. Après quoi surgit à la surface une autre perception des contrariétés qui font souffrir ; cette nouvelle perception est autre qu’une simple division du monde en tout blanc et tout noir… »

Boris Kornev travaille dans le genre de la « petite prose ». Il publie des nouvelles, des essais : dans l’almanach de l’Union des écrivains de Russie (département de Saint-Pétersbourg) « Publicitaire de la Néva » (2011), dans le recueil « Témoignages du temps » (deuxième volume, 2012), dans l’almanach de A.Delvig (renouvelé 190 ans après sa fermeture) « Fleurs du nord », dans le recueil « Jouer au « Tetris ». A la fin du 2013 parut un nouveau livre de Boris Kornev « Baie de Providence » contenant une nouvelle « Une pour tous » — parlant du destin d’un adolescent de l’armée de Vlassov, étudiant le phénomène du patriotisme. Des nouvelles écrites pendant les derniers 5 ans, ayant servi de base pour « Daltonien », « Un réel quatuor » et « Tandem » font, elles aussi, partie de ce livre. En 2015, l’année du 70e anniversaire de la victoire dans la Grande guerre patriotique, Kornev pour ses œuvres –  « Daltonien » et « Une pour tous » – a eu le prix «Les héritiers de la Grande Victoire » de l’Union des écrivains de Russie (département de Saint-Pétersbourg).

Toutes les œuvres de Boris Kornev – nouvelles, essais, romans ou récits – ont un sujet « aiguisé » intérieurement comme extérieurement. Leur langue est laconique, colorée. On reconnaît son style par sa grande densité et la tension de la narration. Les livres de Boris Kornev sont traduits en anglais, en français, en espagnol et en allemand.